Après un printemps actif en VTT, la succession des vagues de chaleur l’été dernier m’a arrêté pendant quelques temps jusqu’au début de l’automne. Je pensais reprendre fort mais à peine remis le cul sur la selle, la météo m’a saoulé puis une successions de petites blessures et de virus m’ont décidé de raccrocher le velo en attendant la neige.


Neige qui est arrivée assez tôt et m’a permis de faire une première sortie en splitboard fin novembre et le weekend d’ouverture de la station des arcs. Mais ensuite ce fut la disette en terme de neige avec un redoux puis une vague de froid qui a tout bétonné. J’ai juste fait une 2eme sortie split juste avant la période des fêtes pour garder un peu la forme.Ma première sortie split était sur le versant Oisans de Belledonne vers la Pointe du Sciallet. Je l’avais déja fait en raquette snow mais c’est quand même plus facile en splitboard. Une bonne couche de neige était tombée et il faisait un grand soleil, la journée s’annoncait belle. Mais en fait, la neige était tellement humide (et ma board pas fartée) que je bottais à la montée avec parfois un bon 5cm de neige collé aux peaux. Et même à la descente, mon snow pas farté était collé à tel point que c’était hyper compliqué de tourner et ensuite d’un coup ca partait dans la pente mais dès que j’enclenchais un virage, il fallait vite passer le poids sur l’arrières pour pas faire sous marin ou une roulade avant. Autant dire que dès le lundi j’ai été amener mes planches à farter avant le vrai début de saison.
Le week-end suivant c’était l’ouverture du domaine des arcs alors je suis allé passé le weekend. La neige sur les pistes était très correct mais en dehors c’était déjà bien travaillé et durci. Par chance, pour une fois, le secteur de Grand Col était ouvert avant les vacances de Noel et j’ai pu faire 2 passages hors piste sympa dans de la bonne neige. Ensuite il y avait tellement de passages que ca n’en vallait plus la peine.
Ma 2e sortie en split, juste avant les fêtes, était dans les Grandes Rousses vers Vaujany où j’ai été faire un sommet vers 2400 (Rocher Motas) dans le secteur du col du Sabot. Les conditions étaient plus que moyennes, Il n’avait pas neige depuis novembre et s’ne était suivi un redou avec regel nocturne alors la neige était bien dure.
En plus on a été dans des pentes un peu salles où mon manque de maîtrise du split m’a bien fait galérer physiquement mais surtout mentalement dans ces travers où je cherchais comment tenir sans glisser.
Par contre un point positif, je pense avoir bien progressé dans mes conversions où je commence à me sentir suffisament en confiance même dans cette neige moyenne, la pente et l’expo (bon j’avais tout de même les couteaux) . Je prends par contre toujours mon temps pour bien decomposer les mouvements. Dès que je tente d’accélerer le mouvement, je fais des erreurs et ca se passe moins bien.
En tout cas j’ai réussi à rejoindre le col sous le sommet moyennant 1 ou 2 passages où j’étais pas à l’aise tout de même. En me fixant des objectifs par étapes, j’ai réussi à prendre sur moi et à atteindre le col avec les autres. Au col, au début je ne voulais pas faire le sommet car j’étais vraiment fatigué mentalement et la pente se raidissait encore, et l’expo augmentait encore un peu. Je ne me voyais pas faire encore des conversions là dedans.
Au final, un de mes compagnons de randos m’a proposé de monter en crampons (que je n’ai utilisé qu’une seule fois sur une portion glacée le long d’un torrent sur 30m l’année dernière) et ca me remotive.

On assemble les snows, on les mets sur les sacs, on chausse les crampons et c’est parti. Il me fait la trace droit dans la pente. D’un coup je prends conscience de l’expo alors qu’il trace au plus près de la partie expo. Je me crispe un peu.
Mais il me repête qu’il n’y a aucun risque de glisser (c’est bien beau mais quand on a le vertige, c’est difficile de rester rationnel). Je décide de lui faire confiance, je souffle et je décide de ne plus regarder autour de moi jusqu’au sommet.
Ca fonctionne et je finis par rejoindre le reste de la troupe qui en a un peu chié dans les conversions finales également. Une trouée de soleil nous accueille au sommet pour nous permettre de profiter de la vue.
C’est beau, mais avec l’expo, je garde mes crampons pendant mes manips pour préparer la descente.
La descente ne restera pas dans les mémoires, comme prévu.
Sous le sommet, il faut en garder sous le coude puis sous le col de montée, la neige est toujours bien béton et nous chahute fortement. Plus bas, elle trouvera un peu de neigé transformée juste avant de rejoindre la route eneigée qu’on prendra jusqu’au retour aux voitures.
Je suis content de pas avoir laché et d’avoir fait le sommet. Avec mon vertige, il faut que je me force un peu pour commencer à bien comprendre mon matos (snow, crampons, piolet) pour savoir où sont les limites. Une fois que j’aurais confiance, je devrais être plus à l’aise et la sensation d’exposition sera plus gérable.

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